Profil fongique de la mérule

14 03 2016

Une description du profil fongique de la mérule

Depuis quelques années, une forte progression des dégradations d’habitations dues aux champignons lignivores (dévorant le bois) est constatée. Parmi ces champignons, la mérule (Serpula lacrymans) est l’un des plus impliqués. Les dégradations ou contaminations dues aux champignons ne se limitent pas aux bois des habitations. Elles attaquent également les œuvres d’art, et les établissements patrimoniaux.

Malheureusement, les connaissances sur les effets sanitaires de ces contaminations fongiques sont très limitées. C’est pourquoi PRIMEQUAL, un programme de recherche soutenu par l’ADEME et le Ministère du développement durable, a conduit une étude pluridisciplinaire in situ, afin de mieux pouvoir évaluer les conséquences de ces contaminations en milieu intérieur.

Les résultats de l’étude démontrent des pics d’émissions de bio aérosols fongiques. Ces pics dépendent directement des stades de développement du champignon, et soumettent donc les habitants à une exposition cyclique aux bio aérosols. Bien que de nombreuses moisissures différentes aient été détectées dans les habitations (jusqu’à quarante par logement !), les habitants ne semblent pas menacés par l’exposition aux mycotoxines dues à ces différents champignons. De plus, l’étude a démontré qu’aucune mutation ne pouvait être reliée aux bio aérosols.

Toutefois, un lien entre des problèmes respiratoires et cutanés, observés chez deux enfants, et la moisissure associée à la mérule a été établi. Il s’agit du seul cas de la sorte recensé par cette étude. Le suivi des deux enfants a démontré que les signes sanitaires observés avaient fortement régressé dès lors que la famille avait emménagé dans un nouveau logement.

Contamination fongique : de plus en plus de moisissures ?

L’augmentation de ces contaminations fongiques dans les habitations françaises est un dommage collatéral des économies d’énergie. En effet, ces politiques ont conduit à une réduction drastique des passages d’air, et donc des débits associés. De fait, la condensation est grandement favorisée, donnant ainsi un terrain favorable à l’émancipation des champignons tels que la mérule. Mais ce n’est pas la seule raison. Les équipements électroménagers, comme les lave-linge ou les sèche-linge à condensation ont également contribué à l’augmentation de l’humidité présente dans l’air. Ce qui tend également à favoriser le développement des champignons et moisissures. Selon une étude réalisée par l’OQAI, près de 15 % des logements en France présenteraient des contaminations fongiques visibles. Ceci expliquerait la recrudescence ces dernières années de pathologies respiratoires, telles que les allergies, les infections ou autres toxi-infections.